Judy Garland marchait nerveusement devant le bureau de Louis B. Mayer. Elle avait entendu des rumeurs comme quoi il parlait dans son dos de son apparence physique, la surnommant "la grosse", "la bossue". Elle prit une profonde inspiration et frappa à la porte.
"Entrez," appela la voix rauque de Mayer.
Judy entra, se sentant petite et incertaine. Mayer était assis à son bureau, entouré de papiers et de fumée de cigarette.
"Mr. Mayer, puis-je vous parler un instant?" demanda-t-elle, sa voix à peine audible.
Mayer leva les yeux, ses yeux fatigués et stressés. "Que se passe-t-il, Judy? Je suis très occupé aujourd'hui."
Judy hésita, puis prit une profonde inspiration. "J'ai entendu dire que vous disiez des choses sur moi, dans mon dos. À propos de mon apparence."
L'expression de Mayer se dégrada. "Et alors, si c'est le cas ? Tu n'es pas exactement une reine de beauté, Judy. On doit vendre des billets, tu sais."
Le visage de Judy rougit de honte et d'embarras. "Je suis désolée, monsieur. Je voulais juste savoir pourquoi vous diriez de telles choses."
Mayer se pencha en avant sur sa chaise, sa voix devenant dure. "Écoute, Judy. Tu es une artiste talentueuse, mais ce n'est pas suffisant dans ce métier. Tu dois avoir le look, le glamour, l'attrait. Et franchement, tu ne l'as pas."
Judy sentit son cœur se dérober dans sa poitrine. Elle s'était toujours sentie mal à l'aise avec son apparence, mais entendre Mayer confirmer cela était dévastateur.
"Y a-t-il quelque chose que je peux faire, monsieur?" demanda-t-elle, sa voix à peine audible.
Mayer soupira lourdement. "Je ne sais pas, Judy. Sans doute perdre du poids, travailler ta posture. Mais honnêtement, je ne sais pas si cela suffira."
Judy hocha la tête, sentant des larmes lui monter aux yeux. "Merci pour votre franchise, monsieur. Je vais essayer de m'améliorer."
Alors qu'elle se retournait pour partir, la voix de Mayer l'arrêta net.
"Et une dernière chose, Judy. Si tu viens encore me voir avec ce genre de plaintes, je n'aurai d'autre choix que de te laisser partir. Nous avons une entreprise à faire tourner ici, et je ne tolérerai pas l'insolence."
Judy sentit la peur monter en elle et sorti du bureau de Mayer en courant jusqu'à sa loge en pleurs.
C'est là que Mickey Rooney la trouva, son cœur se brisant à la vue de sa chère amie si bouleversée.
"Judy, qu'est-ce qui ne va pas?" demanda-t-il, la prenant dans ses bras.
Judy sanglota contre son torse, lui racontant tout ce qui s'était passé avec Mayer.
Les yeux de Mickey se remplirent de colère et de détermination. "Judy, ne l'écoute pas. Tu es belle telle que tu es. Et surtout, tu es l'une des artistes les plus talentueuses que j'aie jamais connues. Ne laisse pas les paroles de Mayer te décourager."
Judy renifla et essuya ses yeux, sentant une lueur d'espoir dans son cœur. "Merci, Mickey. J'avais besoin d'entendre ça."
Mickey lui serra la main, une détermination farouche dans ses yeux. "Nous montrerons à Mayer de quoi nous sommes faits, Judy. Attends de voir."
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